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installé à Graulhet après avoir quitté la Normandie en fin de carrière, Jean-Paul Lafollet est ingénieur chimiste à la retraite depuis 2007. Il avait déjà un goût prononcé pour les jeux de cartes et avait touché au bridge lorsqu’il était étudiant. Mais son véritable apprentissage a commencé au club de Gaillac, aujourd’hui disparu. Il y a d’abord beaucoup observé les joueurs avant de se plonger dans les ouvrages spécialisés, notamment le SEF, le Système d’enseignement français de la Fédération française de bridge. Aujourd’hui, Jean-Paul est devenu une pièce particulièrement utile dans l’organisation informelle des tournois. Chaque semaine, les joueurs qui souhaitent participer au tournoi de régularité du mercredi inscrivent leur nom sur un tableau. Certains disposent d’un partenaire attitré, d’autres constituent une paire pour l’occasion. Et puis il y a ceux qui arrivent seuls. C’est là que Jean-Paul intervient. Sans être membre du bureau, il connaît suffisamment bien les joueurs pour savoir avec qui les uns et les autres pourront former une bonne paire. Il connaît les caractères, les habitudes de jeu, les niveaux et, surtout, les affinités. Car si les cartes ont leur importance, les "atomes crochus" comptent aussi beaucoup autour d’une table de bridge.
De son côté, Alain Vrignaud a découvert le bridge il y a une vingtaine d’années, avec une interruption de plusieurs années. Il s’y est véritablement remis depuis trois ans et demi. Originaire d’Amiens, il travaillait dans un important cabinet de conseil et d’organisation dans le domaine de l’entreprise et de la valorisation des ressources humaines. Lorsqu’il est arrivé dans la région albigeoise, il cherchait aussi un moyen de rencontrer du monde. "Lorsque je suis arrivé sur Albi, je ne connaissais personne. J’ai pratiqué le golf, mais je m’y suis ennuyé. Puis je me suis inscrit au club de bridge d’Albi et c’est à partir de ce moment que je suis devenu bridgeur", raconte-t-il. Depuis son installation à Graulhet, il a naturellement rejoint le club de la Maison des associations, place Bosquet. Il joue régulièrement avec Jean-Marie Espinasse, dont il apprécie particulièrement la patience. "Il a une très grande patience avec moi, qui ne suis qu’un petit troisième série", plaisante-t-il. Mais Alain joue avant tout pour le plaisir. À la retraite, le bridge lui permet de conserver une activité régulière et une vie sociale. Au fil des parties, il a rencontré des amateurs d’art, de sport, de musique, mais aussi des passionnés de nature et même des cueilleurs de champignons. "Le club de Graulhet rompt avec les habitudes des autres clubs. Ici, on rencontre des gens simples qui ne se prennent pas la tête et qu’on a plaisir à rencontrer", souligne-t-il. Élu au conseil d’administration, Alain apporte désormais sa contribution à la vie du club, avec l’humour qui le caractérise : "Ils m’ont élu, pas trop pour mes compétences, mais je pense plutôt en référence à mon grand âge !"
Deux parcours différents, donc, mais une même conviction : à Graulhet, le bridge ne se résume pas aux enchères et aux cartes. Il est aussi un formidable moyen de créer du lien, de faire des rencontres et de continuer à faire vivre une vie sociale, quel que soit son âge.
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